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La SCI : un outil incontournable en 2026

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Le Revenu
La SCI : un outil incontournable en 2026

Face aux conflits et aux blocages fréquents liés à l’indivision, la Société Civile Immobilière (SCI) s'impose en 2026 comme la solution incontournable pour sécuriser votre patrimoine. En offrant une gouvernance sur mesure et une transmission fiscale optimisée, elle garantit la pérennité de vos biens immobiliers d'une génération à l'autre. Découvrez comment réussir sa création, éviter les pièges et faire les bons choix stratégiques.

Remplacer l'indivision par une gouvernance claire et stable

L’indivision, souvent choisie par facilité, est en réalité un régime juridique particulièrement instable, qui génère fréquemment des blocages et des conflits familiaux. En effet, chaque indivisaire détient une quote-part sur le bien immobilier, mais cela ne donne pas de pouvoir de décision clair. Il est nécessaire d’obtenir l’accord de tous les coïndivisaires pour prendre toute décision importante, qu’il s’agisse de vendre le bien, de faire des travaux ou même de conclure un contrat de location...

Prenons l’exemple de la famille Martin, qui détient un bien immobilier en indivision après le décès des parents. Le bien se dégrade, mais l’un des héritiers refuse de financer des travaux, bloquant ainsi toute initiative. Le même problème se pose lorsqu’un héritier décide de vendre, mais que les autres ne sont pas d’accord. Une situation d’indivision non gérée peut ainsi entraîner une paralysie juridique et des conflits familiaux. 

La SCI permet de structurer cette gestion. Dès la création de la société, les statuts définissent qui prend les décisions, comment les associés se prononcent et quelles sont les modalités de sortie. La gérance peut être confiée à une personne spécifique (souvent les parents ou l’un des enfants), et les décisions importantes sont prises selon des règles définies en amont, ce qui évite les blocages.

Notre conseil : Lors de la création de la SCI, veillez à clarifier les droits de vote. La rédaction sur mesure des statuts, avec un avocat ou un notaire, en particulier pour les droits de vote et les conditions de transmission des parts, est indispensable pour éviter les litiges. Le recours à des professionnels (avocat, notaire, CGP et expert-comptable) est indispensable pour éviter des erreurs coûteuses, surtout en ce qui concerne la rédaction des statuts.

Faciliter la transmission

La SCI permet de transmettre des parts aux enfants chaque année, en bénéficiant des abattements fiscaux (100 000 euros tous les 15 ans par parent). Au lieu de payer des droits de succession élevés, les enfants recevront progressivement des parts sociales, sans remettre en cause l’unité du bien. 

Cela permet aussi aux parents de garder le contrôle du bien, notamment en attribuant la gérance à l’un des parents et en prévoyant des clauses de blocage concernant les décisions importantes comme la vente ou la modification de l’objet social de la SCI.

Notre conseil : Il est essentiel d’anticiper dès la création de la SCI la répartition des parts sociales et d’incorporer des clauses de gouvernance dans les statuts, comme la révocation des gérants à l’unanimité ou l’attribution de la gérance au conjoint survivant.


Entretien avec Florian Dussoulier

Conseiller en investissements financiers, fondateur de Portée.fr

« Il est primordial de choisir des partenaires fiables et exempts de difficultés financières. »

Quelles sont les principales raisons qui vous incitent à créer une SCI ? La SCI offre de nombreux avantages à un client possédant plusieurs biens immobiliers et ayant des enfants : elle simplifie les transmissions lors de la succession, facilite la gestion du patrimoine, favorise l’équité entre les héritiers, permet d’optimiser la fiscalité et de réduire l’IFI. En revanche, lorsqu’une SCI détient uniquement un bien de faible valeur (200 000 euros), l’intérêt reste limité, sauf si la société connaît un développement ultérieur.

Quels sont les pièges à éviter lors de la création d’une société civile immobilière ? Il est primordial de choisir des partenaires fiables et exempts de difficultés financières, car chaque membre d’une SCI doit assumer l’ensemble des dettes sans limite. Selon les statuts établis et le nombre d’associés, la procédure de création peut s’avérer longue et complexe. Faire appel à un notaire est conseillé pour rédiger les statuts, particulièrement lorsqu’un démembrement rapide au profit des héritiers est envisagé. Veillez à bien anticiper les coûts associés (débours, expert-comptable souhaitable, compte courant) et à vous méfier des escroqueries courantes comme les fausses factures de publicité légale envoyées par courrier.

SCI à l’impôt sur le revenu (IR) ou à l’impôt sur les sociétés (IS) : que conseillez-vous ? Tout dépend de la situation des clients et de leurs objectifs de long terme. En effet, si le client sait d’avance qu’il ne revendra jamais les biens acquis via la SCI, le choix de l’IS est pertinent. Les revenus seront fiscalisés à 15 %, sous condition et dans la limite de 42 000 euros de bénéfices vs. tranche marginale d’imposition plus les prélèvements sociaux. S’il revend des biens d’une SCI à l’IS, la fiscalité sur la plus-value (prix de revente moins l’actif net comptable) sera lourde sans abattement pour durée de détention. Enfin, si le client souhaite apporter des biens détenus en propre à une SCI à l’IS, il devra payer des droits de mutation (5 %).

Les SCI seraient souvent contrôlées par le fisc. Est-ce exact ? À ce jour, je n’ai pas connaissance de clients contrôlés, mais il faut rappeler qu’une SCI ne doit pas être utilisée uniquement à des fins fiscales. Il convient d’avoir une vraie substance économique et de le faire notamment dans un but patrimonial et de transmission. Enfin, respectez bien l’objet social de la SCI pour ne pas acheter d’actifs sans lien avec cet objet !

Propos recueillis par Guillaume Marbeck (Source : Le Revenu • Avril 2026)

GM
Guillaume Marbeck-